✒️ Éditorial
Seconde chance pour Conille et
Normile:
Garry Conille est redevenu Premier ministre 12 ans après avoir été contraint de démissionner comme le premier Premier ministre de l’ancien président Michel Martelly. Sans base politique, sans soutien populaire et avec l’étiquette de poulain du Blanc à cause de ses liens avec l’ancien président américain, Bill Clinton, Garry Conille était devenu Premier ministre de Martelly à la surprise générale. Quatre mois après, il avait dû démissionner faute de pouvoir s’entendre avec le chef de l’Etat, accusé à l’époque de détenir la double nationalité haïtienne et américaine.
Garry Conille avait des alliés du côté du Sénat de la République qui enquêtait sur les accusations de l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles contre Michel Martelly. Ce qui provoquait des tensions entre le Premier ministre qui donnait l’image d’un général sans soldat et le camp du président Martelly. Largué par les ministres pro-Tèt kale, Conille choisissait de démissionner sans avoir eu le temps de marquer son passage à la primature.
12 ans après, Garry Conille retrouve le fauteuil de Premier ministre avec la même étiquette « homme du Blanc ». Le Conseil présidentiel qui l’a choisi comme Premier ministre a mis en veilleuse les restrictions liées à la double nationalité dans la constitution de 1987 amendée. Il n’y aura plus de controverse sur la nationalité de qui que ce soit.
Garry Conille a une seconde chance pour laisser son empreinte dans l’histoire du pays vu les nombreuses batailles qu’il y aura à mener.
Comme Garry Conille, Rameau Normil fait son retour à la tête de la Police nationale d’Haïti quatre ans après avoir été remercié en pleine crise sécuritaire marquée par une rébellion au sein de la police. Même si les conditions sécuritaires étaient meilleures qu’aujourd’hui, le groupe Fantom 509 présenté sous la première administration de Rameau Normil comme le bras armé du syndicat naissant de la PNH avait fait peur. Celui dont le passage à la Direction centrale de la Police judiciaire est encore salué par certains comme une réussite ne s’était pas montré capable de mettre de l’ordre au sein de la PNH, voire de matter l’insécurité.
Le Premier ministre d’alors, Joseph Jouthe, s’était montré insatisfait du bilan de Normil à la tête de l’institution policière. Il avait cependant précisé dans une interview accordée au Nouvelliste que ce dernier a été renvoyé pour avoir tenté de faire passer les frais accordés à plus de quatorze mille policiers de 10 à 20 000 gourdes. Le chef de la police voulait ainsi satisfaire les revendications des policiers qui réclamaient de meilleurs traitements.
Quatre ans après, Rameau Normil revient à la tête de la PNH pour insuffler un nouveau souffle à la l’institution qui patine dans la lutte contre les gangs.
La conjoncture est-elle aujourd’hui favorable pour permettre à Rameau Normil de faire ce qu’il ne pouvait pas faire hier ? Normil comme Conille ont une seconde chance pour écrire l’histoire.
Par :
Jean Pharès Jérôme
lenouvelliste.com
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