INSÉCURITÉ EN HAÏTI : LE POLITOLOGUE MODELET FERTIL DÉNONCE UNE « INSÉCURITÉ ORGANISÉE » ET INTERPELLE LES DIRIGEANTS
HAÏTI — L’insécurité continue de s’imposer comme l’une des principales préoccupations de la population haïtienne. Dans un entretien téléphonique avec la rédaction de Le Tout au Pluriel Magazine, le journaliste et politologue Modelet Fertil livre une analyse particulièrement critique de la situation sécuritaire du pays et pointe du doigt la responsabilité des dirigeants.
Pour le politologue, Haïti traverse une crise qui ne peut plus être considérée comme un simple problème de banditisme. Il parle d’une « insécurité organisée » et estime que la faiblesse de l’État, les mauvaises décisions et certaines accointances présumées contribuent à maintenir le pays dans une situation de peur permanente.
KENSCOFF : MODELET FERTIL DÉNONCE UN MASSACRE
Modelet Fertil condamne également avec vigueur les violences enregistrées à Kenscoff. Il évoque le massacre de plusieurs dizaines de personnes, survenu dans la période du 23 au 24 août, et dénonce une situation où la population civile continue de payer le prix fort de la crise sécuritaire.
Pour lui, chaque massacre doit provoquer une véritable remise en question de la politique sécuritaire nationale. Il estime qu’il ne suffit pas de compter les morts après chaque attaque : il faut également rechercher les responsabilités et comprendre pourquoi les groupes armés parviennent encore à agir avec autant de liberté.
« LES GANGS NE SONT PAS AUSSI PUISSANTS QU’ON VEUT NOUS LE FAIRE CROIRE »
Le politologue maintient une position particulièrement critique à l’égard des dirigeants. Selon son analyse, les gangs ne seraient pas aussi puissants qu’on veut le faire croire, mais leur capacité d’action serait renforcée par les faiblesses du système et par des relations qui devraient, selon lui, faire l’objet d’un examen sérieux.
Modelet Fertil évoque notamment des accointances présumées entre certains acteurs et ceux qui sont censés combattre les groupes armés. Il résume cette situation par une formule particulièrement forte : « malheureusement, ils sont devenus des jumeaux ».
Cette déclaration soulève une question centrale : lorsque ceux qui doivent combattre l’insécurité sont soupçonnés d’entretenir des liens avec ceux qui la provoquent, comment la population peut-elle encore avoir confiance dans les institutions chargées de la protéger ?
UNE CRISE QUI EST AUSSI POLITIQUE
Au-delà des affrontements et des violences, Modelet Fertil considère l’insécurité comme une crise profondément politique. Il critique des dirigeants qu’il juge imprudents dans leur manière de gérer la situation et appelle à une prise de responsabilité au plus haut niveau de l’État.
Pour lui, la population haïtienne ne demande pas des discours, mais des résultats : la sécurité, la justice et la possibilité de vivre sans peur.
Le politologue rejette également les explications simplistes autour d’un prétendu complot international utilisant des jeunes Haïtiens pour déstabiliser le pays. À ses yeux, une telle hypothèse ne peut être avancée sans éléments concrets permettant de l’étayer. La priorité, selon lui, doit rester l’analyse des réalités nationales et l’identification des responsabilités.
Aujourd’hui, une question demeure au cœur du débat : Haïti est-il confronté uniquement à la puissance des gangs, ou également aux faiblesses et aux complicités présumées qui permettent à cette violence de perdurer ?
À travers son intervention, Modelet Fertil appelle ainsi à une véritable rupture avec la banalisation de l’insécurité et à une réponse politique et institutionnelle à la hauteur de la tragédie que vit la population.
Le Tout au Pluriel Magazine continue de suivre les analyses et les réactions autour de cette crise qui demeure l’un des plus grands défis auxquels Haïti est confronté.
Jod fednel Honorat directeur commercial le tout au pluriel magazine Nord-Ouest
Le tout au pluriel Magazine Magazine socio-culturel