LES JEUX DANGEREUX DES RHINOCÉROS GRIS ET LES FLÉAUX DES RATS NOIRS : L’ESPACE POLITIQUE EN ALERTE
Chapeau : Face à des menaces hautement prévisibles mais délibérément ignorées, les processus électoraux s’ouvrent dans un climat de vive inquiétude. Entre métaphores animalières et diagnostics sans concession, les analyses des réalités actuelles appellent à des dératisations drastiques de nos espaces publics pour mettre fin à ces dynamiques destructrices.
Les aveuglements face aux menaces prévisibles
En politique, on utilise parfois les expressions « rhinocéros gris » aux fins de désigner des menaces évidentes, hautement probables et à forts impacts que l’on choisit de négliger malgré leurs caractères prévisibles. Elles ont été popularisées par les analystes politiques américaines Michèle WUCKER. Voulant rester dans les métaphores animalières, au stade des situations politiques préoccupantes en Haïti, pourquoi ne pas utiliser les expressions « rats noirs constipés (Rattus rattus) » pour ces dangers à éviter à la vue de certains visages qui s’agitent depuis quelques jours.
Ils ressurgissent des greniers, des champs et des trous puisqu’il est question prochainement d’élections, et les processus électoraux sont bel et bien lancés. Et si quelques-uns se hâtent de tempérer leurs tonalités rhétoriques habituelles, les besoins constants de ronger pour détruire, de voler, de piller, d’incendier, de lebruniser sont ce qui ne changera jamais chez eux. Soyez clairs là-dessus ! Donc, ils sont là de jour comme de nuit, constamment dans la paille, à profiter des moindres occasions d’inattention pour envahir et contrôler les espaces politiques.
Des impunités durables et des engrenages complexes
Parce qu’aucun effort n’a été à ce jour consenti, qu’aucune mesure n’est prise après toutes ces années pour s’en débarrasser qu’on les voit en permanence. Il leur arrive de temps à autre d’exhiber leurs capacités de nuisance, et s’il le faut de parler haut et fort, et aussi de dicter leurs lois. Pour cause, les malheurs de nos pays s’éternisent ou semblent interminables. Donc, on est pris dans des engrenages qui rendent en apparence toutes solutions incertaines d’autant qu’ils s’étendent en colonies multiformes groupées ça et là.
C’est-à-dire, à nos sens : qu’il s’agisse de politiciens véreux et corrompus logés aux enseignes lavalasses, des gangs armés en activités criminelles depuis les funestes épisodes de Cité Soleil en l’année 1995, des mafieux des secteurs des affaires (racketteurs, contrebandiers, trafiquants de drogue, d’organes…), tous des groupes indifférenciés les uns des autres, et vecteurs des maux qui génèrent des mal-êtres sociaux depuis les triomphes des anarcho-populismes. Ils portent finalement les mêmes étiquettes : « rats noirs constipés » ; ceux, armes au poing, qui terrorisent la population ; aussi bien ceux prétendument des privilégiés de la société infligeant tant de torts à la nation et à ses habitants.
Les urgences des dératisations face aux spectres du chaos
Tout bien considéré, il faudrait des égoutiers politiques qualifiés et bien équipés de matériels adéquats à qui l’on confierait les missions de dératisation. En somme, les objectifs sont d’enlever les insalubrités puantes pour permettre à tout un chacun de respirer un peu d’air frais.
Mais, nous observons non sans crainte que les possibilités d’éclatements sont les plus pressantes menaces politiques qui restent suspendues sur la tête de millions d’habitants de nations en manque de leaderships responsables et moraux. En effet, tous les éléments des chaos d’hier et d’aujourd’hui opérant à visage découvert offrent les spectres grimaçants d’événements prochains déstabilisants, peut-être même sanglants. Ils seront à coup sûr sans précédent dans les annales et à grande échelle.
Susceptibles d’avoir des impacts considérables, les maelströms politiques violents trouveront comme catalyseurs éventuels la tenue prochaine des élections en l’absence de mesures drastiques pour mater l’insécurité, et surtout en tolérant ces rongeurs qui n’ont que des capacités de destruction comme preuves de leurs savoir-faire lors de leurs passages au pouvoir il fut un temps.
Écrit par :
Alix Aurélien JEANTY, avocats
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