Haïti Politique/WILNER JOSEPH, JEAN-HENRY CÉANT, PASCAL ADRIEN, VIKTWA ET LE GRAND CIRQUE DU RECYCLAGE POLITIQUE…

Haïti Politique/WILNER JOSEPH, JEAN-HENRY CÉANT, PASCAL ADRIEN, VIKTWA ET LE GRAND CIRQUE DU RECYCLAGE POLITIQUE…

Le spectacle recommence avec de nouveaux décors, des slogans flamboyants et une vieille distribution politique qui demande au peuple haïtien d’applaudir comme s’il avait perdu la mémoire. Au Cap Haïtien, le regroupement politique VIKTWA veut se présenter comme une renaissance. Mais sous le vernis du neuf surgit une question simple. Combien de fois peut on repeindre les mêmes murs avant de prétendre avoir construit une nouvelle maison ?

Le samedi 29 août 2026, VIKTWA s’est présenté comme un regroupement de 52 partis et organisations autour de l’unité, de la jeunesse et de la mobilisation électorale. La politique ne se juge pourtant aux estrades, aux slogans et au nombre de signatures. Elle se juge aux trajectoires, aux responsabilités et aux bilans. Lorsque Wilner JOSEPH, Jean Henry CÉANT et Pascal ADRIEN occupent le devant de la scène, la question devient inévitable. VIKTWA est il une rupture ou une nouvelle enseigne posée sur une vieille mécanique ?

WILNER JOSEPH, L’ADDITION DU CHANGEMENT

Wilner JOSEPH ne débarque pas dans la politique haïtienne avec une valise de miracles. Candidat à la présidence et présenté comme conseiller du Premier ministre de facto de Washington Alix Didier FILS-AIMÉ, il évolue déjà dans l’orbite du pouvoir de transition. Cette proximité n’est pas une faute. Elle crée cependant une obligation politique.

Quand on est suffisamment près du sommet de l’État pour le conseiller, il devient difficile de se présenter ensuite comme un simple spectateur des ruines. Son discours de changement doit donc passer l’épreuve du bilan. Qu’a t il défendu, obtenu ou refusé ? Qu’a t il tenté de corriger ? S’il veut incarner l’alternative, qu’il montre ce qu’il a réellement fait. Sinon, le changement de vocabulaire risque de ressembler à un simple changement de costume.

JEAN-HENRY CÉANT, LE PASSÉ REVIENT

Jean Henry CÉANT arrive avec un passé que les affiches ne peuvent effacer. Il a été Premier ministre d’Haïti du 17 septembre 2018 au 21 mars 2019, sous la présidence de Jovenel MOÏSE. Son gouvernement a été renversé en mars 2019. Cette période appartient donc au bilan politique qu’il présente aujourd’hui.

En novembre 2022, le Canada a inscrit Jean Henry CÉANT sur sa liste de sanctions, dans le cadre de mesures visant des personnalités haïtiennes que les autorités canadiennes associaient notamment à la corruption et à des soutiens financiers ou opérationnels illicites à des gangs armés. Une sanction n’est pas une condamnation judiciaire. Cette distinction doit être respectée. Mais l’inscription demeure un fait officiel de son parcours public et appelle à des explications.

Jean Henry CÉANT peut défendre son bilan, contester les accusations et présenter sa version. Le peuple peut, lui, demander des comptes. C’est le principe même de la responsabilité publique. Le problème n’est donc pas d’avoir un passé politique. Le problème serait de vouloir vendre du neuf sans accepter que l’ancien soit examiné à la lumière du jour.

PASCAL ADRIEN, LE VISAGE NEUF SOUS EXAMEN

Pascal ADRIEN veut apparaître comme le visage neuf, la voix de la rupture et l’un des porte paroles d’une jeunesse haïtienne qui refuse les vieilles recettes. Mais un visage plus jeune ne suffit pas à fabriquer un modèle. Le mot jeunesse ne peut pas devenir une blanchisserie politique. Le mot rupture non plus.

En 2017, Pascal ADRIEN a été chef de cabinet du sénateur Youri LATORTUE. Entre 2018 et 2019, il a travaillé auprès de Jean-Henry CÉANT, alors Premier ministre. En 2020, il a publié avec Jorchemy JEAN BAPTISTE le livre *OUTOUNI, l’histoire interdite de la chute de Jean Henry CÉANT. Jean Henry Céant furieux a contesté certaines révélations de l’ouvrage, les qualifiant de fiction.

Cette trajectoire ne constitue pas une condamnation. Elle pose néanmoins une question politique difficile à éviter. Comment prétendre incarner une rupture avec les pratiques du passé lorsque son propre parcours traverse plusieurs figures et épisodes de l’ancienne architecture politique ?

Pascal ADRIEN revendique la transparence et la lutte contre l’impunité. Il doit donc accepter la règle qu’il réclame aux autres. Sa proximité avec Youri LATORTUE appartient à son parcours public. Les controverses autour de ses rapports avec le Premier ministre Alix Didier FILS-AIMÉ, l’accusation publiée en décembre 2025 faisant état d’un versement allégué de 2,5 millions de gourdes depuis la Primature, ainsi que la controverse entourant la nomination diplomatique de sa conjointe, appellent des explications documentées.

Ces éléments ne doivent pas être transformés en verdicts sans preuve. Mais ils ne peuvent pas davantage être enterrés sous le mot renouvellement. Si tout est conforme, qu’on le démontre. Si tout est défendable, qu’on l’explique. Celui qui réclame la lumière doit accepter de vivre sous la lumière.

La jeunesse haïtienne mérite mieux qu’un visage neuf posé sur des interrogations anciennes. Elle mérite des modèles dont la cohérence résiste à l’examen. Pascal ADRIEN veut parler au nom de la rupture. Très bien. Qu’il démontre alors, dans sa propre trajectoire, ce qui le distingue réellement de ce qu’il prétend remplacer.

LE PEUPLE, LE TRIBUNAL DES AFFICHES

C’est ici que le spectacle rencontre son véritable juge, le peuple. « Bouyon rechofé », « piyay », « debachi » traduisent une fatigue politique que les slogans ne peuvent plus maquiller.

Le regroupement politique VIKTWA doit comprendre une chose élémentaire. 52 organisations ne font pas 52 idées neuves. Un slogan d’unité ne fait pas une Nation. Une promesse de victoire ne vaut rien sans des compétences avérées, des responsabilités collectives et des résultats probants.

La question finale est donc froide. Que fera VIKTWA différemment face à l’insécurité, à la pauvreté, à la justice en panne et aux ruines institutionnelles ? Wilner JOSEPH doit produire son bilan. Jean-Henry CÉANT doit répondre de son parcours. Pascal ADRIEN doit démontrer que son discours d’intégrité résiste à l’examen de sa propre trajectoire.

Une génération entière refuse désormais de confondre changement d’affiche et changement de pays. Haïti n’a pas besoin d’un cirque électoral supplémentaire. Elle exige des preuves, des comptes et une rupture mesurable.

Les slogans s’éteindront; les coalitions passeront et les carrières vacilleront. Il restera les actes et la mémoire du peuple.

Et lorsque les affiches tomberont, personne ne pourra se cacher derrière les mots jeunesse, unité ou renouveau. Le peuple ne demandera plus qu’on lui promette la rupture. Il demandera qu’on la prouve.

Écrit par :

Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti Afrique
Ambassadeur du Royaume
30 Août 2026 | Afrique de l’Est

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39