Au-Delà des Frontières : Réflexions sur la Crise Dominicano-Haïtienne

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Un Texte De Ashley Laraque

Jamais une coulée d’encre n’aura égalé le débit d’une rivière. Les ultra-nationalistes des deux côtés se mêlent aux opportunistes pour élaborer leurs discours. Le président Abinader joue sa carte politique en prévision des prochaines élections, tandis que notre Premier ministre actuel devrait également trouver le prétexte d’un accord qui prévaudrait sur tous les désaccords.

Pendant que la Russie agresse l’Ukraine, la grande majorité de l’Occident se prononce en faveur de l’Ukraine et lui apporte son soutien. Cependant, lorsque la République dominicaine agresse Haïti, les pays du Sud, de la Caricom et de l’Union africaine restent-ils silencieux ?

Il est essentiel de noter que cette situation ne concerne que quelques mètres cubes d’eau, et non du gaz, du blé, du pétrole, du charbon ou de l’uranium, mais pour nous, il est question de survie et de droits légitimes.

Si le président Abinader s’était opposé à l’exécution de ces travaux par des amateurs en dehors d’un cadre technique, il aurait eu raison. Cependant, la disproportion de ses mesures d’opposition révèle des préjugés anti-haïtiens.

Son défilé de chars blindés, d’hélicoptères et d’avions, ainsi que le déploiement de la marine pour contrer une population paysanne armée de machettes et de pics, pose la question de savoir s’il s’agit de peur ou d’une haine viscérale envers les Haïtiens.

Cette situation n’aurait jamais existé si la continuité de l’État avait été assurée. Le président défunt Jovenel Moïse avait signé un accord et engagé les travaux sans opposition des autorités dominicaines. Notre pratique politique, qui consiste à ne pas finaliser ce que son prédécesseur avait initié, afin de ne pas lui concéder une réussite, est responsable de notre situation actuelle.

Le ridicule du président adverse masque temporairement les erreurs de nos dirigeants. Les sanctions qu’il impose à certains de nos compatriotes servent de garantie de succès aux prochaines élections. Pour obtenir un soutien populaire, il devient important d’être sanctionné par Abinader. Bien que ce comportement puisse sembler étrange, il est possible que le président ait utilisé Haïti pour se forger une image de leader régional, attirant ainsi les critiques de nos loas qui semblent lui jeter un sort anti-hypocrisie, qui produit aujourd’hui ses effets.

Le malheur ne vient jamais sans bénéfice. Tout Haïtien doit consentir à mettre fin aux hostilités et à se rassembler pour une cause dont la justesse ne laisse place à aucun doute. Ainsi, pour une fois, un accord sans condition ni concession est nécessaire.

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