Chronique d’un mépris international : Le Conseil de Sécurité face à l’agonie d’Haïti
Par Marcel Poinsard Mondésir
Le 24 avril 2026
L’ONU a une nouvelle fois ouvert ses portes au dossier haïtien ce jeudi 23 avril 2026. Entre discours larmoyants et impuissance diplomatique, le défilé des nations au Conseil de Sécurité laisse un goût amer : celui d’un théâtre d’ombres où la souffrance d’un peuple est mise en mots, mais jamais en solutions.
À quoi riment ces palabres ? C’est la question lancinante que se posent les
Haïtiennes et Haïtiens, prisonniers d’une misère crasse et d’une insécurité atroce. Alors que l’horizon demeure bouché, les membres du Conseil ont rivalisé d’éloquence et de figures de style pour s’apitoyer sur notre sort.Pourtant, sur le terrain, l’impassibilité de nos dirigeants — et du Premier ministre en particulier — semble répondre en écho au silence de la communauté internationale.
Le bilan de l’impuissance
Il est légitime de s’interroger sur la responsabilité de ceux qui nous gouvernent. Après plus de 15 mois à la tête du gouvernement et du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), quel est le bilan réel d’Alix Didier Fils-Aimé face à l’hégémonie des gangs ? Combien de territoires ont été libérés ? Aucun. Au contraire, la gangrène s’étend, laissant les habitants de Jean-Denis dans l’Artibonite ou de Kenscoff dans l’Ouest livrés à eux-mêmes.
Si le Conseil de Sécurité souhaitait réellement agir, il aurait dû interpeller le chef du gouvernement haïtien avec une franchise chirurgicale :
1. Sur la sécurité : Quel est le plan concret pour mettre un point final aux massacres ? Quand la liberté de circulation sera-t-elle rétablie vers le Grand Sud ?
2. Sur la justice : Quelles instructions fermes ont été données pour éradiquer la corruption, ce fléau qui asphyxie le pays autant que les armes ?
3. Sur l’avenir démocratique : Est-il réaliste d’espérer des élections cette année pour une passation de pouvoir légitime le 7 février 2027 ?
Un droit à la vie bafoué
Que répond le Premier ministre aux familles dont les proches sont séquestrés, et dont les rançons exigées dépassent l’entendement ? À travers ce mutisme, une question de fond demeure : les Haïtiens n’ont-ils pas, eux aussi, droit à la vie ?
C’est là que devrait résider l’essence des échanges entre Port-au-Prince et la plus haute instance politique mondiale. Si le Conseil de Sécurité se souciait réellement de notre survie, il ne se contenterait pas de rhétorique.
En fin de compte, ce énième sommet nous rappelle une vérité brutale : l’indignation internationale est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Il revient à nous, Haïtiens, et à nous seuls, de tracer la véritable route de notre délivrance.
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