COINS D’HISTOIRE
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Abinader , « benefactor » de la République d’Haïti en 2023
Par Amary Joseph NOEL
Un cordial merci pour l’invitation de partager nos opinions avec les compatriotes de notre Haïti meurtrie, appauvrie et rendue exsangue sur l’événement- Canal branché à la rivière Massacre » en septembre-octobre 2023.
I-Nous partons de 7(sept) lieux :
1o) La vraie frontière entre les hommes, c’est la langue ;
2o) La frontière idéologique pernicieuse, dangereuse, mortifère et occulte entre les hommes dans le monde, même moderne, est la pigmentation de la peau ;
3o) La vie indépendante de la République Dominicaine (RD) a commencé en février 1844 ;
4o) La cohabitation tumultueuse de deux états, aujourd’hui souverains, sur l’île d’Hayiti est originaire de 3 traités résultants de guerres de prédation entre deux empires coloniaux européens. France et Espagne:
a) le traité de Ryswick du 21 septembre 1697, (Hollande)
b) Le traité d’Aranjuez, 3 juillet1777 (que le RD proclame à tout vent, pour des motifs de partage gargantuesque de la superficie du territoire de l’Ile);
c) le traité de Basilea (Bâle), Suisse, 22 juillet 1795 où, l’Espagne, pour obtenir que la France victorieuse lui rétrocède les territoires conquis dans la Péninsule ibérique d’Europe, lui remet la totalité de la partie Est de l’île Hispaniola. Ce dernier traité signé 9 ans avant janvier 1804 abroge les deux autres.
Par conséquent, le droit de conquête attribuait aux Haïtiens la totalité de la superficie de l’Ile en triomphant des forces napoléoniennes envoyées pour mater leur révolte.
Pourtant, c’est sur invitation par lettre de Jose Nuñez de CÁCERES, leader des opposants à la Junte Centrale Provisoire qui voulait remettre l’Est de l’Ile à la Grande Colombie que Boyer a annexé la partie devenue en février 1844, la RD.
La lettre responsive de Boyer est parvenue à Jose Nuñez de CÁCERES le 18 janvier 1822.
La réponse de Boyer à l’offre de recevoir les clefs de a Capitale de la partie Est de l’ile fait foi de ce que nos avançons:
“Quant aux clefs de la ville (Santo Domingo) qui me sont offertes, je ne les accepte point, parce que je ne suis pas venu ici en conquérant, que ce n’est pas la force des armes qui m’y a emmené mais bien la volonté des habitants qui m’ont appelé pour les garantir des droits et des avantages dont il n’ont jamais jouis.( Cf. Charles Philippe BERNOVILLE)2
5o) Haïti était puissance du monde ! Avec les canons pris au Français, un territoire libéré et une armée aguerrie par 10 années de guerre, elle pourrait occuper toute l’Amérique latine. Nos pères, de préférence, ont aidé à libérer maints pays du joug de l’esclavage.
Tout compte fait, nos aïeux n’ont jamais eu des visées impérialistes ou colonisatrices. Les différentes campagnes de l’Est avant la naissance de la RD ou avant le gouvernement de Jean Pierre Boyer ont été décidées pour éviter le retour des Français et le rétablissement de l’esclavage en Haïti.
6o) Le 2 octobre 1937, le Président dominicain d’alors, Rafael Leonidas TRUJILLO, en visite officielle à Dajabón , décréta le massacre à l’arme blanche des haïtiens( hommes, femmes et enfants). Le bilan a été estimé à plus de 20000 ressortissants haïtiens, incapables de prononcer le mot « Perejíl », assassinés.3
7o) Dans un ouvrage publié à Port-au-Prince en 2006, « Randonnée vers la Conférence Nationale Haïtienne Souveraine » , nous avons présagé que, à moins d’une véritable réconciliation, et le rétablissement de la vraie histoire occultée , à dessins entre les deux peuples, il y a risques chaque 50 ans, d’un massacre d’Haïtiens en RD ( Cf. Randonnée vers la Conférence Nationale Haïtienne souveraine, p. 187).4. Au cours d’une de ces grandes rencontres organisées entre leaders dominicains et haïtiens par le Président Leonel Antonio FERNÁNDEZ REYNA, nous lui avons remis un exemplaire dédicacé de cet ouvrage qui inclut un chapitre sur les relations haitiano-dominicaines.
Nous faisions, alors office de traducteur du Français à l’Espagnol pour un intervenant ami du Président dominicain, Dieudonné FARDIN. À notre point de vue, Leonel Antonio FERNÁNDEZ REYNA est le politique dominicain le plus pacifiste, le plus intelligent et le plus capable d’affronter les défis qui se posent dans les relations entre Haïti et la RD.
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II- Comment faire pour que le conflit provoqué par le percement du canal soit une opportunité pour que Haïti devienne politiquement forte et économiquement autosuffisante?
C’est, en d’autres termes, faire du « Leonidas Trujillo du XXIème Siècle », le raciste Luis Abinader Corona, le “BienfaiteurS” du peuple haïtien.
Pour cela, de nouveaux constats s’imposent !
1o) Le décret 168-13 empêche tout descendant d’hattien d’avoir la nationalité dominicaine. Plus, ils ont fait rétroagir le décret pris en 2013 à 1929, privant des milliers de dominicains d’ascendance haïtienne de droits acquis ;
2o) Actuellement, les haïtiens sont pourchassés, agressés, chassés de leurs maisons, voire assassinés dans diverses zones de la RD;
3o) Le Président dominicain, Abinader a créé un climat délétère pour les ressortissants haïtiens en fermant les portes officielles de la frontière de façon inattendue avec menace d’invasion armée ponctuée par le déploiement de troupes et d’engins militaires de toutes sortes au nord de la RD ;
4o) La Balance des échanges entre Haïti et RD est de 98 à 2 dans l’Éducation, l’utilisation de la main d’œuvre, le commerce et, par voie de conséquence, le seuil de développement;
5o) Corollaire de l’immixtion intempestive de l’Internationale dans les affaires internes haïtiennes, de la démobilisation de l’Armée d’ Haïti, de la création d’une police militaire mal équipée et sous payée et de la violence construite de mains de gangs armés, entre 500.000 et 1.000.000 d ’Haïtiens résident légalement ou illégalement en RD;
III- La solution vers la paix, que nous appelons de tous nos vœux, est tributaire d’actions des couches saines des deux peuples.
1o) Il faut, en tout premier lieu, porter les nantis haïtiens à investir en Haïti au lieu de faire des dépôts dans les paradis fiscaux ou à l’extérieur. Haïti est le pays ou l’élite économique se désintéresse de l’avenir de son pays, milite pour la destruction de l’économie nationale et investit à l’étranger. Il est impératif que les fortunés haïtiens ne se contentent plus d’être une bourgeoisie rentière et se muent en investisseurs nationaux ;
2o) Haïti est le pays où l’État est grand propriétaire terrien. En manière d’exemple, il existe de terres restées en jachère de la route qui part de Carrefour la Mort (entre le Cap Haïtien et Quartier Morin) jusqu’au Nord-est d’Haïti ;
3o) Sortir de l’agriculture vivrière et de subsistance à uneindustrielle ;
4o) Mettre en place une institution de coupe “Société Civile” appelée à se pencher sans arrêt, via des recherches, des réflexions et des projections, sur les relations haitiano-dominicaines.
5o) Créer une structure d’état chargée de l’étude, de la planification et du monitoring des relations politiques et économiques entre les deux pays. C’est aberrant que la RD détienne des groupes en réflexion constante et même des réseaux d’espionnage sur Haïti tandis que, nos dirigeants se contentent d’ignorer ou de feindre d’oublier les moments d’entraide et de déchirements sanglants entre les deux pays ;
En clair, l’histoire ne peut que se constater ! Il n’appartient pas aux générations contemporaines de la modifier ! Un de ses grands impératifs catégoriques est le « vivre avec. » sans pouvoir de « refaçon ».
Au plan stratégique, il faut, s’armer d’ingéniosité, de courage, d’abnégation et de volonté de vivre en paix dans la saine coopération, grâce à une réconciliation véritable et sincère de l’histoire entre les deux pays via un grand congrès binational dont l’objectif avoué serait la coexistence pacifique entre les deux états. En clair, il faudrait déployer des efforts pour tarir à la source tout projet de guerre ou de haine entre les ressortissants des deux nations. La RD devrait cesser d’enseigner une histoire trafiquée des relations entre les deux pays dans les écoles.
Au cours d’un diner organisé par le Président Leonel Fernández, nous étions sur une table à quatre avec les trois plus grands historiens de la RD : Jose Chez Checo, Juan Manuel Balcàcer et Frank Moya Pons.
Il nous vint, alors, l’idée d’un Grand Congrès entre historiens dominicains et haïtiens pour que la vraie histoire entre les deux pays soit reconnue et validée.
Nous proposâmes la tenue d’une conférence entre historiens haïtiens et dominicains pour promouvoir la paix et la réconciliation entre les deux peuples. La haine des dominicains pour les haïtiens trouve son origine et est entretenue, de façon constante, par l’occultation et la manipulation malveillante de l’histoire des relations entre deux voisins.
L’un des trois trouva la proposition très intéressante et prometteuse ! Le second opina qu’il était disposé à emprunter la démarche si le doyen Moya Pons y consentait. Mais, hélas, ce dernier s’est tu ! L’idée s’est évaporée avec le mutisme du champion des racistes dominicains.,
En clair, il faudrait réaliser un grand dialogue sur l’histoire des relations entre deux pays frères et produire un seul livre d’histoire des relations entre Haïti et RD en Espagnol pour l’éducation des petits Dominicains, descendants de Duarte , Santana, , Ulyses Heureaux et Mella, en Français et en Ayisyen pour les descendants de Toussaint Louverture, Capois la Mort ,Henry Christophe . Dessalines, Pétion, Boyer.
Au plan tactique, il nous faudra :
1o) Accélérer le processus de retour des Haïtiens à leur terre natale en créant rapidement des emplois de masse dans l’agriculture, la construction de villes, de voies de pénétration, d’usines de production diversifiées susceptibles de mettre à profit pour le pays les compétences et expertises accumulées en terre voisine.
2o) Inventer des mesures d’accompagnements pour fermer la frontière pendant deux années, le temps de faire prendre conscience aux voisins dominicains de l’importance de relations harmonieuses avec Haïti. Ce sera, pour les haïtiens, un momentum important pour la mise en valeur de nos ressources de toutes sortes et la construction de l’entente nationale
3o) Obtenir que les élections présidentielles haïtiennes ne soient plus des coups fourrés d’imposition étrangère d’apatrides consommés à propulser au timon des affaires l’Etat
4o) Doter le pays d’une Constitution, vraiment nationale, non copiée sur l’étranger, à la faveur d’un Grand Congrès de l’Entente inter haïtienne ou d’une Conférence Nationale impliquant des représentants de tous les secteurs de la Nation haïtienne.
Notes :
1o) VANGUARDIA/ EFEMÉRIDES :Órgano de difusión del Partido de la Liberación dminicana : Espana y Francia firman el Tratado de Basilea ; Francia recibe Santo Domingo espanol el 22 de Julio de 1795.
2o) BERNOVILLE, Charles Philippe, Directeur de Recherches, « Lettre de la Junte Centrale Provisoire de Santiago à Jean Pierre Boyer, Président d’Haïti demandant l’unification de l’Ile.
3o) DUPUY, Charles : « Le Massacre des Haïtiens en 1937 » in Journal Haïti Observateur,11-18 octobre 2023, page 3,
4o) Amary Joseph NOEL : Randonnée vers la Conférence Nationale Haïtienne Souveraine, Coll «Politique universitaire pour une Haiti unie , libre et prospère », Editions du Canapé vert, Haïti 2006, p .
5o) CASTILLO, Freddy Prestol : El Massacre se pasa a pié. Taller Merino, Santo Domingo RD, Primera edición, 1973, 168 pages
Professeur Amary Joseph NOEL, – —-Coordonnateur Général de la Coordination Nationale de la Société Civile Haïtienne(CONASCH)
-Coordonnateur Général de la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR)
– Encadreur Principal du Groupe de Réflexion sur la Sécurité et la Défense Nationale (GRSDN)
Le 10 octobre 2023
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Par Amary Joseph NOEL
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