Crise des télécoms aux Gonaïves :
Le grand scandale du vide facturé
GONAÏVES – 7 juin 2026 (ATi) – Aux Gonaïves, téléphoner ou se connecter
à internet relève désormais du miracle. Depuis plus de deux mois, la Cité de l’Indépendance subit une dégradation sans précédent des réseaux de téléphonie mobile. Face à ce chaos technique, l’exaspération populaire grandit. Les compagnies de télécommunications, autrefois symboles de modernité, ont perdu toute crédibilité. Elles sont aujourd’hui ouvertement perçues par la population comme des structures d’escroquerie organisée, empochant des millions pour des services devenus fantômes.
Le prix fort pour un réseau fantôme
La réalité du terrain est critique pour les consommateurs :
* Des tarifs exorbitants : La minute d’appel direct hors forfait culmine à seize (16) gourdes.
* Des communications impossibles : Les appels entre abonnés d’un même réseau échouent systématiquement.
* Un Internet agonisant : Le téléchargement du moindre document exige une patience infinie.
* Des zones blanches en expansion : Les appels via l’application WhatsApp sont devenus totalement inaccessibles dans plusieurs sections de la région du Haut-Artibonite.
Une facturation aveugle et abusive
Le nœud du scandale réside dans le cynisme de la facturation automatique. Un client souscrivant à un forfait mensuel de trois mille (3 000) gourdes voit son plan expirer au trentième jour pile. Les opérateurs coupent le service avec une rigueur mathématique, ignorant royalement le fait que le client n’a pu jouir de son abonnement à cause de leurs propres défaillances techniques. Cette pratique s’assimile à un vol pur et simple des ressources d’une population déjà asphyxiée économiquement.
Le silence coupable du régulateur
Cette faillite collective des opérateurs soulève une question de fond : où est l’État ? Le Conseil National des Télécommunications (CONATEL), en tant qu’organe de régulation, brille par son inaction et son mutisme.
La mission du régulateur est pourtant claire :
1. Protéger les droits fondamentaux des consommateurs.
2. Contrôler rigoureusement la qualité des services vendus sur le marché.
3. Sanctionner les opérateurs défaillants et les contraindre à honorer leurs cahiers des charges.
En laissant les compagnies bafouer leurs engagements sans la moindre conséquence, l’organe de régulation se rend complice d’une injustice flagrante. L’économie, la sécurité et le quotidien des Gonaïviens sont pris en otage. Le temps de l’impunité doit cesser.
AgenceTeam info (ATi)
Le tout au pluriel magazine nous sommes vos yeux et vos oreilles.
Le tout au pluriel Magazine Magazine socio-culturel