Crise en Haïti : L’ONU met en garde contre un calendrier électoral déconnecté de la réalité
PORT-AU-PRINCE – Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a lancé un avertissement ferme concernant le processus électoral. Il appelle à une évaluation rigoureuse des conditions réelles sur le terrain avant de fixer de nouvelles échéances. Selon lui, des dates irréalistes risquent de fragiliser un peu plus la confiance de la population envers les institutions.
Un processus électoral freiné par la crise humanitaire
Bien que des progrès techniques soient à noter dans les préparatifs, l’organisation du scrutin se heurte à des obstacles majeurs. L’insécurité généralisée et les déplacements massifs de population bloquent l’avancement du processus.
La faiblesse du taux d’inscription sur les listes électorales illustre l’ampleur du défi. Au 5 octobre, seuls 759 257 électeurs potentiels étaient inscrits, sur un électorat total estimé à 6,5 millions de personnes. Ce décalage critique met en péril la représentativité des futures consultations.
L’adaptation des gangs et l’escalade des violences
L’ONU s’inquiète également d’une mutation de la menace criminelle. Face aux opérations de sécurité en cours, les gangs armés adaptent leurs stratégies. Les Nations Unies constatent une recrudescence des représailles ciblées contre les civils et une extension de la violence vers les zones rurales.
Le bilan humain de cette crise demeure dramatique. Les chiffres officiels font état de 1 123 personnes tuées et 440 blessées pour la seule période allant de juillet au début du mois d’octobre.
Pour une approche globale : sécurité et restauration de l’État
Pour le chef du BINUH, la réponse policière ne peut suffire à elle seule. Carlos Ruiz Massieu soutient que les interventions sécuritaires doivent impérativement s’accompagner d’un retour durable de l’autorité de l’État.
Le représentant de l’ONU préconise le déploiement urgent de programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR). Il insiste particulièrement sur la prise en charge des enfants recrutés de force par les réseaux criminels.
Par la rédaction
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