Crise Haïtienne : Le Cri de Colère de l’Artibonite face au « Piège » du BINUH

Crise Haïtienne : Le Cri de Colère de l’Artibonite face au « Piège » du BINUH

Lors d’une réunion organisée par le BINUH à Pétion-Ville ce 16 avril 2026, Pierre Robert Auguste, président de l’Association des Entrepreneurs de l’Artibonite (AEA),
a livré un réquisitoire sans concession contre la transition actuelle.

Entre dénonciation de « foire entre larrons » et critique d’un secteur privé déconnecté, son intervention marque une rupture brutale avec le discours diplomatique ambiant.

Par la Rédaction du Journal En ligne
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C’est un homme marqué par « quatre ans d’exil intérieur » loin d’un Port-au-Prince devenu « Port-aux-Crimes » qui s’est exprimé devant les représentants de la communauté internationale. Pierre Robert Auguste n’est pas venu pour faire de la figuration, mais pour porter la voix d’une province meurtrie, l’Artibonite, aujourd’hui profanée par la violence des gangs sous le regard impuissant, sinon complice, des autorités.

Un « simulacre » de légitimité

Dès l’entame, le président de l’AEA a brisé le décorum en qualifiant le cadre de la réunion de « piège rhétorique ». Pour lui, le pacte pour la stabilité et l’organisation des élections n’est qu’un habillage de relations publiques orchestré par le BINUH.

Selon M. Auguste, ce document est entaché de « vices rédhibitoires » et ne sert qu’à garantir la jouissance du pouvoir à un seul homme : Didier Fils-Aimé. Il dénonce une entente occulte où chacun accepte d’être trompé pourvu que les bénéfices du pouvoir soient partagés.

« Tout est fait pour la persistance de la corruption », a-t-il martelé, fustigeant une transition sans fondement constitutionnel réel.

Le secteur privé en accusation :
« Une caste, pas une classe »

L’un des points les plus percutants de son intervention concerne la représentativité du secteur économique. Pierre Robert Auguste rejette catégoriquement l’idée que les personnes présentes dans la salle représentent le patronat haïtien.

« Ce que nous sommes ici […] n’est pas représentatif du secteur privé national », a-t-il lancé, dénonçant une « ségrégation dangereuse » qui favorise des castes auto-privilégiées au détriment des milliers de petits et moyens entrepreneurs qui font vivre le pays. Pour le leader de l’AEA, le
« vrai » secteur privé reste à construire,
et il ne pourra l’être qu’en intégrant massivement la diaspora et les forces vives des départements géographiques.

L’absence de Chef d’État : Le point de non-retour

Sur le plan politique, l’analyse est chirurgicale : on ne peut organiser des élections sans un Président de la République. M. Auguste estime que la concentration des pouvoirs entre les mains de Didier Fils-Aimé relève d’une « mentalité prédatrice » qui disqualifie les acteurs actuels. En acceptant ce schéma, les signataires du pacte auraient, selon lui, vendu leur leadership pour « un petit rien ».

Un appel à la sincérité internationale

Enfin, le président de l’AEA a pointé du doigt la responsabilité de la communauté internationale, dénonçant le manque de sincérité des acteurs étrangers comme un facteur aggravant de la crise. Il a fustigé un soutien diplomatique « sans retenue »

à des structures de pouvoir illégitimes, tout en rappelant le traitement discriminatoire subi par les migrants haïtiens à l’extérieur.

En conclusion, cette intervention de Pierre Robert Auguste sonne comme une alerte ultime. Elle rappelle que tant que les racines de la corruption et de l’exclusion des provinces ne seront pas traitées, les pactes de transition ne resteront que des
« laisser-passer déguisés » vers de nouvelles impasses.

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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