ÉDITORIAL Tourisme électoral et diplomatie de salon : Le CEP ose la mascarade des urnes sur les cadavres de la Nation

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Tourisme électoral et diplomatie de salon : Le CEP ose la mascarade des urnes sur les cadavres de la Nation

Pendant que la terre haïtienne s’imbibe quotidiennement du sang de ses fils et
de ses filles, que les gangs armés violent, pillent et étendent impunément leur empire de la terreur de l’Artibonite jusqu’aux hauteurs de Port-au-Prince,
les bureaucrates du Conseil électoral provisoire (CEP) s’offrent une virée diplomatique sous le ciel paisible du Canada. Le prétexte ? Explorer les conditions du vote de la diaspora.

Ce spectacle hors-sol, rapporté par notre collaborateur Charles Jean Joseph pour Le tout au pluriel magazine, dépasse les bornes de la simple déconnexion : il s’agit d’une insulte révoltante et d’une indécence criminelle face à la détresse nationale.

Quelle impudique comédie ! Comment le secrétaire général Peterson Pierre-Louis,
le trésorier Nemrod Sanon et la conseillère Schnaïda Adély osent-ils disserter sur
« l’accessibilité du vote » ou « l’intégrité
du scrutin » dans les salons feutrés d’Ottawa, alors que l’État haïtien a capitulé en rase campagne devant des seigneurs de guerre ? Parler d’élections et de démocratie à l’étranger quand le pays d’origine est à feu et à sang est une imposture absolue.

De quelles urnes parle-t-on quand les bureaux de vote sur

le territoire national sont inaccessibles, quand les axes routiers sont coupés par des criminels, et que les citoyens se terrent chez eux, terrorisés à l’idée de prendre une balle perdue ?

La complicité de ce pouvoir et des agences étatiques saute aux yeux. Inviter hypocritement les acteurs politiques à
« privilégier l’intérêt national » tout en s’activant à distribuer des numéros de campagne à des partis fantoches n’est qu’une grossière mise en scène.

Ce gouvernement cherche une légitimité internationale sur les cadavres de la population.

L’urgence nationale, l’unique priorité qui devrait mobiliser chaque centime et chaque seconde de l’appareil d’État, c’est le démantèlement des gangs, la sécurisation des vies et la reprise du contrôle du territoire. Tout le reste n’est que diversion et trahison.

La diaspora haïtienne, qui maintient à bout de bras l’économie nationale par ses transferts de fonds, mérite le respect, pas l’instrumentalisation. Lui faire miroiter un vote virtuel en pleine boucherie humanitaire est un calcul cynique.

On veut utiliser le vote de Montréal ou
de Miami comme un cache-misère démocratique pour masquer l’effondrement total et honteux de l’autorité de l’État chez lui.

Tant que la sécurité la plus élémentaire ne sera pas rétablie en Haïti, toute tentative de scrutin ne sera qu’une parodie tragique, une vaste mascarade destinée à recycler la même oligarchie politique corrompue qui nous a menés au chaos.

Le CEP doit cesser de fuir la réalité haïtienne en se réfugiant derrière des missions à l’extérieur. On ne bâtit pas une démocratie hors-sol sur les cendres d’une nation en guerre. Devant ce naufrage moral, Le tout au pluriel magazine choisit de rompre le silence. Nous refuserons toujours de maquiller l’horreur. Nous sommes vos yeux et vos oreilles.

Tous droits réservés Le tout au pluriel magazine nous sommes Vos yeux et vos oreilles.

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39