Étudier : le crime de l’homme noir haïtien…

L’éducation est la porte de la civilisation humaine, selon Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. »
« Tant vaut l’école, tant vaut la nation, tant vaut le pays. »
Cependant, en Haïti, elle est devenue un crime, car il est beaucoup plus facile de devenir un bandit notoire que d’étudier. Ainsi, on sera respecté et adulé par les autorités de l’État et même par la jeunesse, faute de modèle.

En droit pénal, selon le principe de la classification des infractions, elles sont classées en trois catégories : les contraventions, les délits et les crimes. Une infraction est définie par la loi en fonction de sa gravité, et par analogie, une infraction correspond à un acte suffisamment grave pour mériter une peine pour son auteur.

Pour comprendre ce mystère, il n’est pas nécessaire de tourner autour du pot. Commencez une étude universitaire en Haïti et vous verrez Jésus dans toute sa gloire, ou vous comprendrez le phénomène des sept (7) couleurs de l’arc-en-ciel puisqu’il existe deux groupes d’étudiants:
a) les étudiants résidents
b) les étudiants non résidents
Si vous êtes étudiants résidents, vous avez au moins une chance d’évoluer au milieu de votre famille et à l’abri de certains besoins.
Si vous êtes étudiants non résidents,alors vous ferez face aux plus grandes adversités de la vie, lors de l’organisation des séminaires et examens vous devez affronter la route nationale #1 où des malfrats sont maîtres et seigneurs dû à l’absence de l’Etat, vous serez violé, séquestré et même tué…
Arrivé dans la ville vous devez payer une chambre d’hôtel pendant votre séjour ou trouver une famille d’accueil sinon vous devez dormir à la belle étoile à même le sol sur la cour de l’EDSEG.

Après toutes ses péripéties pendant vos quatre années d’études, le RUEH vous dira que vous n’êtes pas qualifié et que vous devez reprendre les études à l’EDSEG de Port-au-Prince car, les dirigeants de l’EDSEG des Gonaïves ne veulent pas qu’ils installent les clics et les clacs de sa commission de restructuration et à preuve, il vous prive du diplôme de licence qui pis est, vous interdit de prêter serment comme avocat stagiaire, si vous n’avez pas la licence qu’il utilise comme moyen de pression sur l’EDSEG.
Dans les villes de province, la situation est encore plus préoccupante. Un conflit mineur ou domestique entre deux dirigeants peut se transformer en crise universitaire. Alors que la ministre de la justice parle de territoires irrécupérables et de zones de non-droit, le Rectorat de l’université d’État d’Haïti parle de centres universitaires de non-droit, bien qu’ils soient rattachés à l’Université d’État d’Haïti par la loi du 23 janvier 1969.

À titre d’exemple, étudier à l’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaïves (EDSEG) est devenu un crime contre l’humanité, car depuis trois ans, l’EDSEG est sous sanction. Selon le conseil universitaire, si le comité de restructuration n’est pas mis en place, les étudiants devront en payer le prix fort. De plus, ils devraient contraindre les membres de la direction à démissionner. Leur silence est synonyme de trahison. Pour sanctionner leurs méfaits, nous ne leur délivrerons pas de diplôme de licence. Pourquoi hypothéquer leur avenir ?

Peu importe, nos enfants étudient dans les meilleures universités du monde. Nous n’avons aucun intérêt à avoir pitié d’eux. Nous ne faisons qu’encourager leur délinquance. Ils nous seront plus utiles s’ils vivent en marge de la société. En fait, ces étudiants sont des parias.

Leur seule issue est de venir étudier à l’EDSEG de Port-au-Prince. S’ils étudient avec nous, ils seront protégés et trouveront des professeurs pour les accompagner lors de la soutenance de leur mémoire. Ils obtiendront leur diplôme de licence sans difficulté. Dura lex sed lex, c’est à prendre ou à laisser.

Quant aux élèves-avocats, une fois leur formation terminée, ils feront l’école buissonnière. On leur interdira de prêter serment en tant qu’avocat stagiaire. Le mot d’ordre est déjà lancé : nous ne voulons pas d’eux dans la profession. Nous avons en réserve le ministère de la justice et de la sécurité publique, la fédération des barreaux d’Haïti et pour couronner le tout, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Il n’y a pas de solution possible pour ces étudiants et élèves-avocats.

La note du Rectorat sur la situation à l’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaïves (EDSEG) en date du 06 octobre 2023 en dit long. Voici un extrait :

« Ainsi, il semble incompréhensible que certains acteurs, pour des motifs avoués ou inavouables, pensent que l’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaïves (EDSEG) pourrait faire exception à cette règle. Il est de notoriété publique que cette entité, autrefois fleuron de l’UEH et des Gonaïves, fonctionne depuis un début de l’année académique 2020-2021 dans des conditions très difficiles, marquées par des perturbations constantes et des troubles récurrents. Malgré les multiples tentatives de dialogue et de médiation, il n’a pas été possible de résoudre les problèmes structurels et organisationnels qui affectent l’EDSEG. En conséquence, il est devenu clair que la situation actuelle n’est pas viable et compromet sérieusement la qualité de l’enseignement et la sécurité des étudiants. Par conséquent, le conseil universitaire de l’Université d’État d’Haïti a décidé de suspendre les activités académiques à l’EDSEG jusqu’à nouvel ordre. »

Il est triste de constater que l’éducation, qui devrait être un droit fondamental et un moyen d’ascension sociale, est devenue un privilège réservé à quelques-uns en Haïti. Les troubles et les conflits qui perturbent les institutions éducatives empêchent de nombreux étudiants d’accéder à une éducation de qualité et de réaliser leur potentiel.

La résolution de ce problème nécessite une volonté politique forte et une réforme profonde du système éducatif en Haïti. Il est essentiel de garantir la sécurité des établissements scolaires et universitaires, de promouvoir un environnement propice à l’apprentissage et de mettre en place des mécanismes de résolution pacifique des conflits.

De plus, il est important de reconnaître et de valoriser le rôle essentiel des enseignants et des professeurs, qui doivent être soutenus et rémunérés de manière adéquate pour pouvoir exercer leur métier dans de bonnes conditions.

En effet, il est crucial de promouvoir une culture de l’éducation et de l’apprentissage en valorisant l’éducation comme un moyen d’émancipation individuelle et collective. Cela passe par des campagnes de sensibilisation, des programmes d’éducation civique et des initiatives visant à combattre les stéréotypes et les discriminations liés à l’éducation.

En conclusion, il est urgent de mettre fin à la criminalisation de l’éducation en Haïti et de garantir à tous les citoyens haïtiens l’accès à une éducation de qualité. Cela nécessite des efforts concertés de la part du gouvernement, de la société civile, des organisations de droits humains et de la communauté internationale pour transformer le système éducatif et créer un environnement propice à l’apprentissage et au développement.

UN TEXTE DE

Me Emmanuel ST PHARD
Me Naudy MARTYR
Me Calex JOSEPH
Me Jésula Altidor
Me Iveno Excéus

*Pour tout Contact:* [email protected]/3498-2499
[email protected]/ 3350-9400
[email protected]/ 4003-1354.

TOUS DROITS RÉSERVÉS [email protected] téléphone
509 48438136.

LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES.

About Le Tout Au Pluriel Magazine