HAÏTI-EDITORIAL: ENGAGEONS-NOUS PLEINEMENT POUR CHANGER L’ORDRE DES CHOSES EN HAÏTI, DE MANIÈRE POSITIVE

HAÏTI-EDITORIAL: ENGAGEONS-NOUS PLEINEMENT POUR CHANGER L’ORDRE DES CHOSES EN HAÏTI, DE MANIÈRE POSITIVE

L’année 2024, (année noire, dit-on), s’est achevée avec tous les indicateurs au rouge, notamment en matière de sécurité, du respect des droits humains, de bonne gouvernance et de stabilité politique.
Nous avons franchi les limites de l’indifférence,
de l’indécence et du cynisme.
En effet, après plus de trente-deux (32) mois du gouvernement du Dr. Ariel Henry, imposé par une frange de la communauté internationale (acté par un tweet d’une « proconsule »), suite à l’assassinat crapuleux du Président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021; le peuple haïtien s’est retrouvé en avril 2024, encore sous la coupe d’un régime politique, sous le label de Conseil Présidentiel de Transition (CPT), composé de neuf (9) membres (« 9 chefs d’État ») et d’un Premier ministre, considéré comme un « produit importé avarié », dans le cadre d’un accord, dit « accord 3 avril », concocté par des
regroupements politiques avec la « bénédiction » de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et des émissaires américains de l’administration du Président Joseph Robinette Biden.

Les contradiction internes aiguës au sein de cette structure bicéphale, ont vite provoqué une bataille acharnée, une « grave crise politique dans la crise politique haïtienne » ayant conduit à la chute du Premier ministre Garry Conille, pour être remplacé par l’un de ses concurrents, Alix Didier Fils Aimé, candidat malheureux au Sénat de la République en novembre 2016, présenté par la presse comme un proche des partis politiques de Vérité-Unité-Lavalas.Agravation de la situation durant les sept (7) derniers mois de l’année 2024.

Avec la mise en place du CPT et d’un Premier ministre, en violation flagrante de l’esprit de la constitution de 1987, la situation, de manière générale, s’est totalement aggravée:
• Sur le plan sécuritaire: En dépit de la présence des membres des Forces Armées d’Haïti (FADH) et des efforts consentis (sans équipements adéquats) par les membres de la Police Nationale d’Haïti (PNH), l’insécurité fait rage dans le pays avec des assassinats, des enlèvements, des viols, des violences sur les femmes et les fillettes.
Les locaux des institutions publiques, des commissariats de police, des églises, des hôpitaux, des cabinets d’avocats, des maisons de commerce, des
maisons résidentielles, des facultés (neuf au niveau de l’Université d’État d’Haïti) ont été complètement incendiés ou vandalisés.
En outre, plus de trois mille (3000) prisonniers évadés sont dans la nature, suite à des évasions spectaculaires, survenues les 2 et 3 mars 2024, au Pénitencier national et à la prison civile de la Croix des bouquets.
L’Aéroport international Toussaint Louverture situé à Maïs gâté est fermé depuis novembre pour cause d’insécurité.

La capitale est quasi contrôlée (90% de la superficie de Port-au-Prince) par les gangs armés affichant, en toute quiétude, leur puissance si l’on se réfère aux deux évènements malheureux, enregistrés au cours du mois de décembre: l’assassinat dans la nuit du 6 au 7 décembre de 300 personnes au wharf de jérémie (quartier de Cité Soleil) sous l’ordre d’un chef de gang et le drame sanglant qui s’est produit le 24 décembre 2024, à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) avec la mort par balles de deux policiers et deux journalistes au moment où ces derniers s’apprêtaient à couvrir la cérémonie de la réouverture de ce centre hospitalier, programmée par le gouvernement, mais que, selon plus d’un, était « un sacrifice », « un coup monté » ou « une machination tramée » contre des journalistes.
De tels drames, révoltants et irréparables, constituent, à bien des égards, des violations des droits humains, car, ‘’quand l’État ne protège pas ses citoyens des atteintes commises par d’autres, il partage avec leurs auteurs la responsabilité des torts infligés’’.
• Sur le plan social et économique: Avec la présence des membres du CPT et d’un gouvernement, la pauvreté devient de plus en plus extrême, en raison de la décapitalisation des classes moyennes et d’autres gens à faible revenu qui ont fui leurs maisons face à la terreur des gangs armés, opérant en toute impunité dans une société où la justice est moribonde.
Aujourd’hui, près d’un million de personnes considérées comme des déplacés internes vivent dans des conditions infrahumaines, cruelles et dégradantes mettant en danger leur.dignité humaine, de manière constante.

On assiste au non-respect total des droits économiques, sociaux et culturels, pourtant garantis et protégés par la législation nationale et de nombreux instruments internationaux de protection des droits de l’homme notamment, la Déclaration universelle des droits de l’homme, en son article 25, stipulant: « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour
l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté ».
• Sur le plan diplomatique, notre pays qui vient, dans une triste réalité, de commémorer les 221 ans de son indépendance, (conquise par les armes et la bravoure de nos héros et nos héroïnes), devient, aux yeux des observateurs, une
basse-cour pour de nombreux états ordonnant leurs diktats, sans aucune gêne, et se font parfois complices, (avec leur « diplomatie silencieuse ») des traitements infligés à nos compatriotes par l’État dominicain et autres pays de la caraïbe.

En un mot, on a assisté la fin de l’année 2024 avec un constat d’échec total et une profonde préoccupation.Une inquiétude de plus en plus grandissante au niveau de la population: Au seuil de l’année 2025, le désespoir traverse de nombreux secteurs de la vie nationale et l’inquiétude devient de plus en plus grandissante avec des dirigeants politiques défendant les intérêts de leur clan.
Ils ont pris l’engagement d’organiser des élections avant la fin de l’année 2025, mais, à bien analyser, aucune capacité, aucune volonté de tenir cette promesse.
Face à ce tableau sombre, il est temps pour les filles et fils du pays (à travers des
partis politiques responsables, des associations, des syndicats, des cellules de jeunes, des confessions religieuses) de prendre le destin d’Haïti en main, particulièrement au
début du premier trimestre de l’année, comme le suggère un analyste politique, pour
changer le statu quo.

Les « pays dits amis » ne viendront pas changer pour nous, et nous ne pourrons pas importer la démocratie, la bonne gouvernance.
La solution réelle, la vraie est l’engagement citoyen si nous voulons arriver à une société démocratique, un État de droit, soucieux du respect, de la protection et de la mise en œuvre des droits humains.
Pour atteindre cet idéal, nous devons miser sur la jeunesse car elle représente le pilier de la nation.
Et pour le faire parfaitement bien, les jeunes et toutes les catégories sociales confondues doivent impérativement rejeter les trois maux qui rongent le monde, selon le dirigeant de Burkina Faso, Capitaine, Ibrahim Traoré: la traîtrise, la peur et l’ignorance.
Il est aussi important de cultiver l’esprit de solidarité (de manière positive) et d’appliquer des gestes de reconnaissance envers
Dieu et les vrais patriotes, car comme l’a dit l’Apôtre Paul dans les Saintes écritures: « Soyez reconnaissants ! »
(Colossiens 3 verset 15)
BON COMBAT !

Par: Renan HÉDOUVILLE, Ex-Protecteur du Citoyen.

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39