Haiti/Sécurité : Les alertes de trop pour Léogâne et Tabarre

Haiti/Sécurité : Les alertes de trop pour Léogâne et Tabarre

Écrit par Joseph Allain Jules
Port au Prince Haiti le tout au pluriel magazine.

Les menaces proférées par les gangs armés contre Léogâne et Tabarre ne sont pas de simples rumeurs. Face à l’imminence du danger, notre rédaction s’associe au cri d’alarme du RNDDH : les autorités doivent agir avant qu’il ne soit trop tard.

Les cris d’alarme sont stridents, et ils viennent d’hommes et de femmes qui connaissent le prix du sang et du silence en Haïti. En qualifiant de « menaces à prendre au sérieux » les intimidations proférées par les syndicats du crime contre les populations de Léogâne et de Tabarre, Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), ne fait pas seulement un constat sécuritaire. Il dresse l’acte de décès provisoire d’une souveraineté nationale incapable de protéger ses propres enfants. Nous partageons entièrement cette inquiétude face à l’inaction chronique de l’État.

Des territoires pris en otage par
le terrorisme des gangs

Léogâne, la cité d’Anacaona, et Tabarre, carrefour stratégique de la zone métropolitaine, ne sont plus de simples repères géographiques. Elles sont devenues les nouvelles lignes de front d’une guerre asymétrique où les civils servent de boucliers humains et de monnaie d’échange. Lorsque des groupes criminels annoncent ouvertement leurs assauts à venir, ce n’est plus de la délinquance ordinaire : nous faisons face à du terrorisme territorial pur et simple.
Notre position au sein de la rédaction a toujours été d’une clarté absolue : face à la terreur, la complaisance n’est rien d’autre qu’une complicité déguisée.

Nous croyons fermement qu’on ne négocie ni l’intégrité territoriale ni la vie des citoyens avec des seigneurs de guerre.

L’histoire récente de Port-au-Prince nous
a cruellement montré ce qu’il advient lorsque les avertissements sont balayés d’un revers de main : des quartiers entiers se vident, des familles sont décimées, et les économies locales sont asphyxiées.

Anticiper plutôt que de ramasser les
corps

Prendre ces menaces au sérieux, ce n’est pas simplement déployer trois blindés après les carnages pour ramasser les corps. C’est anticiper. Nous demandons instamment aux forces de l’ordre de saturer l’espace, de couper les lignes de ravitaillement en munitions et d’envoyer un signal sans équivoque : l’État haïtien, soutenu par ses partenaires, doit refuser de céder un millimètre carré supplémentaire à la barbarie.

Le compte à rebours est lancé pour Léogâne et Tabarre. Si les autorités choisissent une fois de plus l’inertie ou les réactions tardives, elles signeront l’abandon définitif de ces communautés. Les alertes sont sur la table, documentées par les défenseurs des droits humains. Demain, nous refusons que quiconque puisse dire : « Nous ne savions pas. »

Écrit par Joseph Allain Jules
Port au Prince Haiti le tout au pluriel magazine.

Le tout au pluriel magazine nous sommes Vos yeux et vos oreilles.

About Harrys Michel

Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39