RÉFLEXIONS
LA NATURE CHANGEANTE DU POUVOIR
Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT.- INFORMATICIEN.- PROGRAMMEUR PC.- VÉRIFICATEUR.- CHERCHEUR EN DOCUMENTATION ÉLECTRONIQUES […]
Alors que les tendances mondiales semblent converger pour rendre la gouvernance et la coopération plus complexes, elles changent également le contexte stratégique d’une façon qui réduit à l’impuissance les formes de pouvoir traditionnelles et matérielles lorsqu’il s’agit de former des projets et de les réaliser. Le pouvoir matériel, qu’on mesure traditionnellement grâce au PIB, aux dépenses militaires, à la taille de la population et au niveau technologique, a toujours été, et restera, un levier de premier choix pour l’État. Avec un tel moyen, les États les plus puissants peuvent mettre en place des agendas et mobiliser la coopération internationale, comme à Paris pour les accords sur le changement climatique. Ils peuvent même imposer des décisions de façon unilatérale, comme en atteste l’annexion de la Crimée par la Russie. Le pouvoir matériel ne suffit pourtant pas à expliquer comment des acteurs non étatiques comme Daech ont pu avoir un tel impact sur le contexte sécuritaire, ni les contraintes auxquelles doivent faire face les États pour les contrer. Ce pouvoir n’est pas non plus d’une grande aide pour contraindre ceux qui ont choisi de ne pas s’y conformer.
Réaliser des objectifs et les consolider, que ce soit en combattant l’extrémisme ou en gérant des conditions climatiques extrêmes, sera de plus en plus délicat du fait de la multiplication d’acteurs qui peuvent user de leur droit de veto ou refuser de passer à l’action. Un nombre croissant d’acteurs étatiques ou non étatiques déploie des formes nouvelles ou peu conventionnelles de pouvoir à travers Internet, les réseaux ou même en manipulant l’environnement pour influencer les événements et créer des troubles, faisant peser des contraintes accrues sur la capacité des États matériellement puissants à réaliser leurs objectifs à un coût raisonnable. Les États et les grosses organisations sont aujourd’hui confrontés à l’éventualité grandissante que ceux qui ne partagent pas leur avis – que ce soit les activistes, les citoyens, les investisseurs ou les consommateurs – décident de partir, de se rebeller ou de manifester, parfois violemment. En outre, les connexions à l’échelle mondiale, grâce à l’information et aux autres réseaux, offrent aux acteurs moins puissants mais mieux connectés un impact énorme.
connectés un impact énorme.
À l’avenir, les acteurs les plus puissants seront les États, les groupes et les particuliers capables de tirer profit de leurs possibilités matérielles, de leurs relations et de l’information d’une façon plus rapide, mieux intégrée et avec une plus grande adaptabilité que les générations précédentes. Ils utiliseront leurs possibilités matérielles pour gagner en influence et parfois pour consolider ou refuser des objectifs. Ils démontreront leur pouvoir par la réalisation et mobiliseront les électeurs sur une grande échelle, en utilisant l’information pour persuader ou manipuler les sociétés et les États et les rallier à leur cause. Leur capacité à forger des récits évocateurs, des idéologies, à attirer l’attention, à cultiver la confiance et la crédibilité servira leurs intérêts et valeurs. Les entités les plus puissantes inciteront les États, mais aussi les sociétés, les mouvements religieux ou sociaux et même les individus à trouver des solutions aux problèmes grâce à des chaînes de coopération, tout en faisant preuve de leur potentiel et de leur stabilité grâce à leurs capacités matérielles, relationnelles et informatives. Pour consolider leurs objectifs, ils seront constamment en lien avec les autres.
ADLER , Alexandre et al 70 à 71 sur 359 PDF
Écrit par :
Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT.- INFORMATICIEN.- PROGRAMMEUR PC.- VÉRIFICATEUR.- CHERCHEUR EN DOCUMENTATION ÉLECTRONIQUES […] Le 27-11-2023 à 1:4412’17’’
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