SOCIÉTÉS. CONFLITS
La nature des conflits change
“VID INFRA “
Le risque de conflit, y compris de conflit intérieur, augmentera durant les deux prochaines décennies en raison des intérêts mouvants des grandes puissances, de la menace terroriste perpétuelle, de l’instabilité des États les plus vulnérables et de la diffusion de technologies meurtrières et perturbatrices. La tendance au déclin en nombre et en intensité des conflits durant les vingt dernières années semble s’inverser. Selon les rapports officiels, les niveaux de violence sont en augmentation et le nombre de morts en lien avec un conflit et autres coûts humains remontent rapidement depuis 2011, voire avant. En outre, la nature des conflits change du fait des avancées technologiques, des nouvelles stratégies et du contexte géopolitique global en évolution. Tout cela vient remettre en question les conceptions initiales sur la guerre. Un nombre croissant d’acteurs emploie un éventail de plus en plus large d’armes militaires, brouillant la limite entre guerre et paix et ébranlant les vieilles normes de l’escalade et de la dissuasion.
Les conflits à venir seront centrés sur la destruction d’infrastructures capitales, de la cohésion sociale et des fonctions du pouvoir, afin de prendre l’avantage d’un point de vue psychologique et géopolitique plutôt qu’en l’emportant sur le champ de bataille, par des moyens militaires. Les civils seront de plus en plus ciblés, parfois pour monter des groupes ethniques, religieux ou politiques les uns contre les autres dans le but de perturber la coopération et la coexistence au sein des États. De telles stratégies suggèrent une tendance aux conflits toujours plus coûteux mais aussi de moins en moins décisifs.
Des groupes perturbateurs . Des groupes sub-nationaux ou non nationaux, y compris des terroristes, des activistes, des insurgés et des gangs criminels, ont accès à un éventail toujours plus large de moyens plus ou moins meurtriers pour obtenir ce qu’ils veulent. Des groupes comme le Hezbollah ou Daech ont aujourd’hui accès à des armes très sophistiquées comme différents types de missiles anti- tanks, des missiles surface-air, des drones et d’autres armes de haute précision. Des groupes d’activistes comme Anonymous sont susceptibles de lancer des cyberattaques de plus en plus violentes. Ces groupes ont peu de raison de se priver. Comme la force dissuasive manque d’efficacité, les États ont dû prendre les devants et les attaquer de façon plus agressive, ce qui vient parfois nourrir leur cause.
La guerre à distance. Les acteurs étatiques ou non étatiques continueront attaques à distance. Les cyberattaques, les armes de haute précision, les systèmes robotisés et les drones de combat ont abaissé le seuil du conflit direct puisque les attaquants mettent moins de vies en danger dans leurs tentatives pour défaire les défenses ennemies. La prolifération de ces possibilités fera muter la guerre d’affrontements directs opposant des armées à des opérations de confrontation à distance, surtout dans les phases initiales du conflit.
• Lors d’une crise où les militaires auraient à leur disposition des armes conventionnelles de haute précision et à longue portée, on risquerait une escalade violente du conflit car les deux camps voudraient attaquer avant de l’être.
• En outre, les centres de commande, de contrôle et les infrastructures de ciblage, y compris les satellites, deviendront probablement la cible d’attaques afin d’anéantir la force de frappe de l’ennemi. La Russie et la Chine, par exemple, recherchent toujours des armes capables de détruire des satellites en orbite, ce qui placera les satellites des États-Unis et des autres pays en grand danger.
Nouvelles armes de destruction massive. La menace que représentent l’arme nucléaire et d’autres formes d’armes de destruction massive (ADM) va probablement s’aggraver dans les années à venir, en raison des avancées technologiques et de l’asymétrie grandissante entre les forces. Les États détenteurs de l’arme nucléaire vont très certainement entretenir, voire moderniser leur force nucléaire d’ici à 2035. Les tentatives d’intimidation nord- coréennes et l’incertitude concernant les intentions de l’Iran pourraient amener les autres États à pousser encore leurs possibilités nucléaires. La prolifération des technologies de pointe, surtout les biotechnologies, rendra aussi plus accessible les armes de destruction massive pour de nouveaux acteurs. L’effondrement interne de certains États vulnérables permettrait un accès des ADM aux groupes terroristes, s’ils parviennent à s’emparer d’armes nucléaires dans des États en déliquescence qui ne peuvent plus assurer la sécurité de leur arsenal ou de leurs connaissances scientifiques et techniques.
« Zones grises » de conflits. La zone de plus en plus floue entre les états de guerre et de paix rendra plus difficile à interpréter les calculs habituels sur les manœuvres de dissuasion ou d’escalade dans la gestion des conflits. La diplomatie musclée, la manipulation médiatique, les opérations secrètes, les coups d’État et la coercition économique sont des tactiques qui ont fait leurs preuves, mais à présent il est aussi facile, et beaucoup plus efficace, de lancer une cyberattaque ou une campagne de désinformation qui font monter la pression et l’incertitude. La possibilité de rester sous le seuil d’une guerre totale conduira à une compétition économique, politique et sécuritaire de longue haleine tout en restant dans la zone grise entre guerre et paix.
L’ESPACE
S’il est resté longtemps un terrain de jeux réservé aux grandes puissances, l’espace est aujourd’hui en voie de démocratisation. Alors que les budgets alloués à la conquête spatiale plafonnent, le secteur privé en profitera pour lancer des programmes centrés sur le tourisme spatial, l’exploitation minière des astéroïdes et les habitats gonflables dans l’espace. Cependant, il devra probablement attendre encore quelques décennies avant que ces programmes ne deviennent rentables.
Une augmentation de l’activité spatiale signifie aussi de nouveaux risques, et une action internationale conjointe pourrait être nécessaire pour repérer les débris présentant le plus de dangers pour une présence spatiale et les retirer. L’immense potentiel stratégique et commercial offert par les atouts du cosmos confirme que l’espace deviendra un enjeu croissant pour l’accès, l’usage et le contrôle duquel les nations entreront en rivalité. La mise en service de technologies anti-satellite conçues pour endommager ou détruire des satellites risque d’exacerber les tensions internationales. Une des questions clés des prochaines années sera de savoir si les pays qui ont un accès à l’espace, en particulier la Chine, la Russie et les États-Unis, sauront se mettre d’accord sur un code de conduite concernant leurs activités spatiales.
ADLER , Alexandre et al 55 à 58 sur 359 PDF
Un Texte De
Willy MARTIAL
INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT.- INFORMATICIEN.- PROGRAMMEUR PC.- VÉRIFICATEUR.- CHERCHEUR EN DOCUMENTATION ÉLECTRONIQUES […]
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