L’État à la dérive : Entre privilèges de fonction et démission citoyenne

L’État à la dérive : Entre privilèges de fonction et démission citoyenne

Par Me Lafrance Jean Richardson
Via Figuration de Saint-Louis-du-Nord, Haïti.

Dans le tumulte des crises qui secouent notre nation, une interrogation fondamentale persiste et s’impose à la conscience collective : quel est le rôle réel de nos dirigeants ? À l’observation des faits, un constat amer se dessine : nous traversons une période de vacance de leadership qui ne dit pas son nom.

Des fonctions sans obligations

L’exercice du pouvoir semble s’être vidé de sa substance originelle — le service public — pour se muer en un outil de jouissance personnelle. Ceux qui ont reçu mandat de conduire les destinées du pays se sont, pour beaucoup, transformés en « chefs profiteurs ».

Aujourd’hui, l’occupation d’une position de haute responsabilité est perçue davantage comme l’accès à une sphère de privilèges exclusifs que comme l’acceptation d’un sacerdoce. Ce déséquilibre entre les avantages de la fonction et les devoirs qu’elle impose crée une rupture de confiance majeure. Le pays ne subit plus une direction, il subit une absence d’orientation.

La responsabilité partagée : Le miroir du citoyen

Toutefois, pointer du doigt l’irresponsabilité des dirigeants ne suffit pas à expliquer l’impasse actuelle. Une vérité plus inconfortable doit être affrontée : la qualité du leadership est souvent le reflet de l’état d’esprit d’un peuple.

Il est une maxime qui rappelle que chaque nation finit par avoir les dirigeants qu’elle mérite. Dans notre contexte, la pérennité de ce système de prédation se nourrit de trois maux profonds :

* La peur, qui paralyse l’action corrective.
* La passivité, qui laisse le champ libre aux abus.
* La démission, qui abandonne la chose publique aux mains de l’incompétence.

Conclusion : Pour un réveil de la conscience nationale

Si le pays n’est pas dirigé, c’est aussi parce que le contrat social a été rompu dans le silence de notre inaction. Tant que la peur et la résignation dicteront notre rapport au pouvoir, l’irresponsabilité continuera de trôner au sommet de l’État.

Le redressement national ne passera pas seulement par un changement de têtes, mais par une exigence citoyenne renouvelée. Il est temps de passer de la démission à l’engagement pour que les privilèges de demain ne soient plus que le juste salaire d’une mission accomplie avec rigueur et intégrité.

Par Me Lafrance Jean Richardson
Via Figuration de Saint-Louis-du-Nord, Haïti.

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39