Libre-Opinion LES GENS… • D’ici 2035, la population mondiale augmentera de près de 20 %, atteignant 8,8 milliards d’individus , tandis que l’âge moyen global passera de 30 ans en 2015 à 34 ans.

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LES GENS…

• D’ici 2035, la population mondiale augmentera de près de 20 %, atteignant 8,8 milliards d’individus , tandis que l’âge moyen global passera de 30 ans en 2015 à 34 ans.

En 2035, la population mondiale sera plus nombreuse, plus âgée et plus urbanisée qu’aujourd’hui. Mais ces évolutions seront inégales selon les régions. Tandis que l’on observera une croissance rapide dans les pays aux économies prometteuses mais encore en voie de développement, la plupart des pays développés connaîtront eux une phase de stagnation, voire de baisse de leur population. Ces tendances vont mettre au défi les premiers de fournir infrastructures et emplois à leur population croissante et vont pousser les derniers à se servir des nouvelles technologies pour compenser leur besoin de main-d’œuvre et à intégrer peu à peu dans leur population les migrants issus de pays en voie de développement et en quête de meilleures conditions de vie.

• D’ici 2035, la population mondiale augmentera de près de 20 %, atteignant 8,8 milliards d’individus , tandis que l’âge moyen global passera de 30 ans en 2015 à 34 ans.

• D’ici là, plus de trois cinquièmes de la population mondiale vivront probablement en zone urbaine , environ 7 % de plus qu’en 2016.

Les pays « jeunes » . On remarque que les pays dont la pyramide des âges est structurellement jeune rejoignent ceux qui ont été les plus vulnérables aux violences politiques perpétrées soit par le gouvernement, soit par des acteurs non étatiques. La plupart sont dirigés par des gouvernements corrompus, trop désorganisés pour répondre aux exigences d’un taux de fertilité élevé et d’une urbanisation extrêmement rapide. Ils manquent généralement de moyens fiscaux pour planifier et gérer une population de jeunes adultes sans emploi et contribuant à l’instabilité.

• Les violences politiques prolongées et les dysfonctionnements institutionnels que subissent ces États jeunes risquent d’entraîner l’intervention de puissances régionales et extra-régionales, comme ce fut le cas ces 40 dernières années.

• Dans les zones regroupant de nombreux États jeunes et dont les gouvernements sont incapables de contenir ou de réprimer les insurrections, les violences traversent souvent les frontières de l’État d’origine pour s’étendre dans la région et au-delà.

Le Centre de Programmes Internationaux du Bureau du Recensement des États-Unis (USCB-IPC) et la Division de la Population des Nations Unies prévoient que les États les plus jeunes aujourd’hui – la région du Sahel en Afrique ; l’Afrique équatoriale ; l’Irak et la Syrie ; le Yémen ; la Somalie et l’Afghanistan-Pakistan – persisteront dans cette tendance durant les cinq prochaines années et jusqu’en 2035 probablement.

• Selon les estimations de l’ONU, l’Égypte sortira de la catégorie jeune d’ici 2030 et le Pakistan l’imitera d’ici 2035, le Yémen s’approchant des mêmes résultats pour 2040. Cependant, l’expérience a montré que les prédictions de croissance de ces trois pays se sont révélées plus optimistes que la réalité, et ce schéma pourrait se reproduire.

La migration de masse . Les États jeunes et déchirés par les conflits et les crises ont souvent provoqué ces dernières décennies des flux migratoires massifs. Or il semble que ces tendances se prolongent jusqu’en 2035, générant des tensions politiques permanentes dans les pays d’accueil et des troubles temporaires des flux habituels d’immigrés et de touristes. Ces nouveaux flux de migrants en provenance d’États jeunes et instables vont nécessairement susciter des inquiétudes au sein des États d’accueil. Les répercussions seront à la fois financières, sociales et politiques.

• Les flux prévisibles de migrants économiques posent des problèmes aux États d’origine comme aux États d’accueil. Les pays d’origine des migrants doivent surmonter la perte de leurs travailleurs les plus prometteurs et les plus qualifiés. Quant aux pays d’accueil, outre les coûts d’intégration mentionnés ci-dessus, ils doivent faire face à l’arrivée massive et désordonnée des migrants aux frontières. En effet, les postes frontières sont submergés de migrants légitimes et illégitimes qu’il est nécessaire de contrôler. Mais ces pays d’accueil sont aussi confrontés à la formation de nombreux couloirs illégaux qui servent autant au trafic de migrants économiques qu’à l’infiltration de terroristes.

Dans les cinq prochaines années, les États situés « en première ligne », et a priori relativement stables, qui bordent les zones de conflits au Moyen-Orient – dont la Turquie, le Liban et la Jordanie, certains pays d’Europe centrale et du sud – devront gérer de telles tensions. L’UNHCR annonce que le nombre de camps de réfugiés « de longue durée » – actuellement de 32 avec une durée moyenne de 26 ans – a largement augmenté depuis le début des années 1990. Ces « colonies temporaires » situées « en première ligne » sont vouées à devenir des villes permanentes privées toutefois d’infrastructures, d’activités économiques diversifiées et d’institutions gouvernementales planifiées et dirigées.

Le monde en (2015-20-35)-84 ) P.246 à 249 sur 359 ALEXANDRE, Adler et al

Écrit par :
Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT
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