Lugubre !
La vie ! La mort ! Quelle différence ?
Si la mort est indispensable à la vie, en Haïti elle est devenue, comme tout le reste, insignifiante, improbable, quotidienne !
Et puis il y a toute cette horde d’hommes, de femmes; ces pères, ces mères, ces enfants du premier âge, sous des tentes de fortune ou qui dorment à la belle étoile ou qui arpentent les rues des villes haïtiennes. Ils appartiennent à cette catégorie de gens pour qui la vie est de loin plus pénible que la mort.
D’autres, pourtant, se fourvoient dans des affaires de Constitution, de référendum et d’élections hypothétiques dans une République sans vertu, couverte d’opprobre. Alors que la condition et l’humanité haïtiennes se détériorent. C’est un peu l’histoire des hommes et de leur déraison !
Mais il y a aussi ceux qui, sombrés dans le désespoir, face au chaos, à l’anomie, se précipitent dans la mort pour taire leur malheur et leur souffrance, avec le risque, évidemment, de se voir déçus. Car nul n’est vraiment en mesure d’apprécier la vie dans la mort ou la vie après la mort.
Tandis qu’un autre groupe, plutôt que de baisser les bras, s’attache à la vie, tels des forcenés, espérant que le jour suivant sera, par chance, meilleur que le précédent. Mais ils se retrouvent toujours dans un cycle répétitif d’interminables crises qui n’ont pas l’air de vouloir se terminer.
On comprend que pour les vivants, il y a une vie dans la vie, peu importe qu’elle soit chiante, décevante, invivable, mais qu’est-ce qu’il y a dans la mort pour les morts ? Cette incertitude est source d’inquiétudes et donne plus de sens à la vie et la rend plus précieuse quelles que soient les conditions difficiles d’existence.
L’humain aime la vie, l’Haïtien, encore plus. Pour lui, on dira que c’est parce qu’il n’a que ça pour croire en de meilleurs jours, ou qu’il a l’espoir que tant qu’il vit, il y a une possibilité que ses conditions d’existence s’améliorent. Cependant il se retrouve toujours coincé dans une attente infinie.
Néanmoins comme il espère, il donne un sens à la vie qu’il mène, quelque pénible soit elle même s’il est le plus souvent déçu puisque le temps passe et son existence devient de plus en plus pénible qu’il soit chez lui ou ailleurs.
Parce que l’histoire des sociétés, la nôtre tout autant, enseigne qu’on a la vie pour laquelle on se bat ou celle que l’on accepte d’avoir. Et si l’on devient tellement indifférent jusqu’à n’accorder aucune importance ni à la vie ni à la mort, c’est qu’on a atteint l’étape funeste.
Chaque génération, pour éviter de disparaître, doit assumer ses responsabilités: assainir le présent et mettre en place les conditions favorables à l’épanouissement de la nouvelle. Voilà la mission de cette génération d’Haitiens peu importent leur rang, leur fonction, leur conflit les uns contre les autres. Il y a un essentiel, c’est un pays à sortir du bourbier, c’est un pays à remettre debout pour qu’il recommence à briller.
Cette génération en est capable si elle comprend la mission qui est la sienne. Si enfin elle comprend que ses propres intérêts futiles ne doivent jamais primer sur ceux de la République et que pour préserver et faire respecter la glorieuse histoire haïtienne, il faut être prêt à faire le sacrifice ultime.
Écrit par :
Jackson Joseph pour la nouvelle Haïti 🇭🇹19/8/25
LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES.
Le tout au pluriel Magazine Magazine socio-culturel