QUE JE PENSE DILATOIRE CHIFFRÉE, ÉMIGRÉS HAÏTIENS CEABANDONNÉS : SUPERCHERIE ÉLECTORALE

QUE JE PENSE## DILATOIRE CHIFFRÉE, ÉMIGRÉS HAÏTIENS CEABANDONNÉS : SUPERCHERIE ÉLECTORALE

Par Pierre Robert Auguste

La sarabande politique n’en finira pas en Haïti. Un impresario, l’Américain, qui s’empêtre dans sa mise en scène ; un mauvais comédien qui s’est surpris près des pendrillons vers la sortie, sortie funeste, tragi-comique.
Fatigués des scénarios insipides, les partenaires, coproducteurs internationaux, pressaient, pressent l’Américain, le principal metteur en scène, de trouver un vrai acteur, quelqu’un qui connaît les règles de l’art, quelqu’un qui n’a pas besoin d’être soufflé tout le temps.
Et voilà, coup de théâtre. Le mauvais comédien s’est offert un arrangeur pour prolonger la durée calendaire sur scène. En publiant un calendrier électoral qui détermine les élections aux mois de décembre 2026 et de février 2027, le président du CEP sait très bien que, dans des conditions de sécurité improbables, il a usé d’une technique dilatoire chiffrée pour permettre au Premier ministre, devenu depuis son partenaire, de traverser une période de turbulences et de garantir une survivance politique contre tout renvoi nécessité par l’avènement d’un gouvernement bicéphale. Didier Fils-Aimé et Jacques Desrosiers se sont unis pour se protéger contre tout remue-ménage institutionnel appelé par des récalcitrants, suggéré par les éminences de la Caricom, et se maintenir aux dépens de la princesse prodige. Le Premier ministre a peur d’être évincé. Le président du CEP redoute un basculement de l’appareil électoral.
Ils ont ainsi fomenté une supercherie électorale, pensant pouvoir tirer parti d’une multitude de candidats pressés de rechercher des subsides de campagne, de l’atavisme prédateur d’électeurs qui n’entendent pas bouger gratuitement. La tendance va vers la froideur et non vers l’enthousiasme populaire. Les élections ne semblent pas être programmées pour la majorité, mais pour donner des apparences au commanditaire américain qui, aveuglé par ses intérêts immédiats, paraît toujours plus naïf qu’un mouton et plus féroce qu’un lion lorsque la réalité vient à dessiller ses yeux.
Le cynisme du Premier ministre et du président du CEP peut les rendre insensibles à l’aggravation de l’insécurité. Mais ils devront danser, bien danser sur la scène quand il aura fallu réinsérer dans le registre électoral les milliers d’émigrés haïtiens que Trump, oubliant que le droit humanitaire est créé pour des cas d’anormalité, veut expulser en Haïti. Même si, aux États-Unis, ils sont abandonnés à eux-mêmes par un gouvernement irresponsable. Revenus en Haïti, ils peuvent constituer la force qui change la donne, redonne à la société la vitalité et la pugnacité qui lui font défaut. Ils auront renversé l’ordre des choses en se constituant comme la force éclairée de la conscience citoyenne et de la nouvelle humanité haïtienne nécessaire et désormais indispensable. Big Bang ! La vie est la fille du chaos. Le jour naît de la nuit. Le soleil des humiliés ne se lève que pour chasser les cendres de l’oppression.

Gonaïves, le 28 juillet 2026, en ce jour triste de la mémoire nationale sous l’occupation.
Pierre Robert Auguste

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