Gouvernance en période de crise : Garry Conille livre trois leçons majeures de son passage à la Primature
L’ancien Premier ministre haïtien, Garry Conille , a partagé ce vendredi 16 octobre
2026 une série de réflexions capitales sur la gestion du pouvoir en contexte de fragilité étatique. À travers une succession de publications sur le réseau social X (ex-Twitter), l’ex-chef du gouvernement
a formalisé trois grands enseignements tirés de son expérience en Haïti.
Ses recommandations tracent une feuille de route pragmatique pour diriger efficacement lorsque les ressources sont limitées et que le temps fait défaut.
Pour Garry Conille, la réussite d’une transition ou d’un mandat de crise repose sur un principe fondamental : la discipline et l’ordre des interventions comptent bien plus que l’ampleur des ambitions affichées.
1. Le piège de la dispersion : Prioriser pour ne pas s’effondrer
La première leçon partagée par l’ancien Premier ministre concerne la focalisation de l’énergie étatique. Dans un contexte où tout semble urgent, la tentation est grande de vouloir tout régler simultanément.
Garry Conille recommande fermement de limiter l’action gouvernementale à trois priorités absolues. Selon lui, il est crucial de résister à la multiplication des engagements. Accumuler les chantiers risque de disperser et d’épuiser les capacités opérationnelles d’une administration publique déjà structurellement affaiblie.
2. La réforme par le quotidien : Rétablir les services de base
Loin des grands discours théoriques, la seconde leçon de l’ex-chef de la Primature d’Haïti se concentre sur l’impact direct de l’administration sur la population. Garry Conille soutient que la véritable réforme de l’État s’opère d’abord à travers son fonctionnement de tous les jours.
Il liste des actions concrètes indispensables :
• Garantir le paiement régulier des enseignants.
• Assurer l’approvisionnement continu des établissements de santé.
• Sécuriser les procédures d’achat et la transparence publique.
• Tenir rigoureusement les registres administratifs.
« Les citoyens évaluent les institutions à travers ces services de proximité bien avant de lire une quelconque stratégie globale », rappelle-t-il avec réalisme.
3. L’aide internationale : Exiger un alignement strict sur l’État
Enfin, Garry Conille adresse un message direct aux bailleurs de fonds et aux organisations étrangères. Il appelle solennellement les partenaires internationaux à s’aligner de manière stricte sur le plan défini par le gouvernement.
Il met en garde contre l’approche traditionnelle de l’aide humanitaire et du développement : la prolifération de projets menés en parallèle, même s’ils partent d’une bonne intention et sont bien conçus, s’avère souvent contre-productive. Ce manque de coordination institutionnelle contribue, selon lui, à affaiblir davantage l’appareil d’État plutôt qu’à le renforcer.
Par la rédaction
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