Haiti-Éducation Artibonite : Un plan d’urgence de 576 000 dollars pour sauver l’éducation de 3 900 enfants face à la terreur des gangs




Face à l’escalade de la crise sécuritaire dans le département de l’Artibonite, Plan International et l’UNICEF déploient un programme d’éducation d’urgence de 12 mois. Doté d’un budget de 576 000 dollars américains, ce projet cible les communes de Saint-Marc, Gros-Morne et Saint-Michel-de-l’Attalaye pour arracher
3 900 enfants à la menace du recrutement par les groupes armés.
C’est dans les locaux du COUDE, sur la route de Bassin, que les autorités éducatives et les organisations internationales ont officialisé le lancement de ce programme de contingence. La cérémonie s’est déroulée en présence de cadres clés de la région, notamment Me Elou Jean, directeur de l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR), le professeur Didier Pierre-Louis, directeur adjoint de la Direction départementale de l’Éducation de l’Artibonite (DDEA), et Lamarre Prophète, représentant du ministère de la Planification.
Six leviers pour maintenir les enfants à l’école
Présenté par Thadée Mukezabatware, coordonnateur par intérim de la réponse intégrée, ce projet flexible et communautaire mise sur une approche globale. L’objectif est double : renforcer la résilience du secteur éducatif et offrir des opportunités d’éducation non formelle à travers six piliers stratégiques :
• Apprentissage accéléré et cours de rattrapage pour combler le déficit scolaire.
• Aide financière directe aux familles pour soutenir la réintégration scolaire.
• Soutien psychosocial et santé mentale (PSS/MHPSS) pour traiter les traumatismes des élèves.
• Distribution de kits d’apprentissage essentiels.
• Renforcement des capacités locales et de l’engagement communautaire.
L’IBESR réclame un centre pour les enfants soldats
Prenant la parole, le directeur de l’IBESR, Me Elou Jean, a lancé un appel pressant aux forces vives de la nation pour sécuriser les axes d’intervention.
Il a également exhorté l’État haïtien et les bailleurs internationaux à financer de toute urgence un Centre de Transit et d’Orientation (CTO) dans l’Artibonite. Selon lui, cette structure est indispensable pour assurer la prise en charge et la réhabilitation des Enfants Associés aux Forces et Groupes Armés (EAFGA).
« Empêcher qu’ils rejoignent les groupes armés »
De son côté, le professeur Didier Pierre-Louis (DDEA) a vigoureusement dénoncé le climat de terreur imposé par les gangs, rappelant les cas dramatiques d’enseignants kidnappés dans la région.
Tout en saluant l’initiative, le responsable a reconnu que la cible de 3 900 enfants reste insuffisante face à l’immensité des besoins. Il a toutefois défendu la portée vitale du projet :
« C’est vrai que le chiffre n’est pas grand, mais faire en sorte qu’environ 4 000 enfants prennent le chemin de l’école, c’est aussi empêcher qu’ils rejoignent les groupes armés », a-t-il martelé.
Sur le plan logistique, le programme priorisera les écoles publiques. Certaines institutions clés seront transformées en « écoles centrales » afin de centraliser et d’optimiser l’encadrement des élèves déplacés ou vulnérables.
Où en est le déploiement sur le terrain ?
Le projet entre déjà dans sa phase active. Les dernières mises à jour font état d’avancées concrètes :
1. Les concertations avec la DDEA, les bureaux de district scolaire (BDS) et les municipalités sont bouclées.
2. La cartographie des écoles partenaires est finalisée.
3. Le processus de recrutement et l’identification des enfants bénéficiaires touchent à leur fin.
Le prochain défi immédiat pour Plan International consiste à identifier et sélectionner les enseignants locaux qui recevront la formation spécialisée nécessaire à la réussite de ce programme de secours.
Écrit par Joseph Paul Charles sainvil
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